{"id":1266,"date":"2020-01-16T12:49:28","date_gmt":"2020-01-16T11:49:28","guid":{"rendered":"http:\/\/icaif.org\/?p=1266"},"modified":"2020-01-16T12:49:28","modified_gmt":"2020-01-16T11:49:28","slug":"en-tanzanie-les-excrements-des-hippopotames-tuent-les-poissons-de-la-riviere-mara","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/icaif.org\/index.php\/2020\/01\/16\/en-tanzanie-les-excrements-des-hippopotames-tuent-les-poissons-de-la-riviere-mara\/","title":{"rendered":"En Tanzanie, les excr\u00e9ments des hippopotames tuent les poissons de la rivi\u00e8re Mara"},"content":{"rendered":"<p>Des chercheurs sont parvenus \u00e0 \u00e9tablir pourquoi les poissons de la rivi\u00e8re Mara, en Tanzanie, mourraient en masse lors de la saison s\u00e8che. En cause, les hippopotames et les quelques 8.000 kilos d\u2019excr\u00e9ments qu\u2019ils d\u00e9versent chaque jour dans le cours d\u2019eau.<br \/>\nLes berges du Mara, un cours d\u2019eau qui coule dans la r\u00e9serve nationale du Masai, en Tanzanie, se transforment chaque ann\u00e9e en cimeti\u00e8re \u00e0 ciel ouvert. Durant la saison s\u00e8che, les eaux de la rivi\u00e8re gonflent abandonnant ainsi quantit\u00e9 de poissons morts sur ses berges. Un ph\u00e9nom\u00e8ne qui demeurait inexpliqu\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui.<br \/>\nUne \u00e9quipe de scientifiques am\u00e9ricains a perc\u00e9 le myst\u00e8re qui entourait ces traces d\u2019une mort massive et ponctuelle. Dans un article publi\u00e9 le 16 mai dernier dans la revue <em>Nature communications<\/em>, ils ont ainsi d\u00e9montr\u00e9 que les coupables n\u2019\u00e9tait nuls autres que les hippopotames. Ou plut\u00f4t leur r\u00e9gime alimentaire.<br \/>\nCet animal d\u00e9vore en effet jusqu\u2019\u00e0 40 kilogrammes de mati\u00e8res v\u00e9g\u00e9tales chaque nuit. Le jour, il reste dans l\u2019eau pour se prot\u00e9ger du soleil et d\u00e9f\u00e8que alors all\u00e8grement dans le cours d\u2019eau. Or, pas moins de 4.000 de ces animaux vivent dans la rivi\u00e8re Mara, situ\u00e9e \u00e0 la fronti\u00e8re entre le Kenya et la Tanzanie. Chaque jour, se sont ainsi pr\u00e8s de 8.500 kilogrammes d\u2019excr\u00e9ments qui sont rejet\u00e9s dans les eaux.<\/p>\n<p><strong>Des substances toxiques <\/strong><\/p>\n<p>Pendant la saison s\u00e8che, les groupes d\u2019hippopotames se retrouvent confin\u00e9s dans un volume beaucoup moins important d\u2019eau situ\u00e9 en amont de la rivi\u00e8re. Lorsqu\u2019ils d\u00e9f\u00e8quent, les bact\u00e9ries qui d\u00e9composent leurs selles consomment \u00e9galement l\u2019oxyg\u00e8ne pr\u00e9sent dans l\u2019eau.<br \/>\nCette activit\u00e9 microbienne produit \u00e9galement des\u00a0 substances chimiques comme l\u2019ammonium, le sulfure d\u2019hydrog\u00e8ne \u2013 tous deux potentiellement toxiques pour les poissons \u2013 le m\u00e9thane et le dioxyde de carbone. Une situation qui devient probl\u00e9matique lorsque de fortes pluies s\u2019abattent sur la r\u00e9serve du Masai \u00e9levant ainsi le niveau des bassins o\u00f9 \u00e9voluent les hippopotames. R\u00e9sultat, l\u2019eau anoxique situ\u00e9e en amont afflue en aval o\u00f9 \u00e9voluent les poissons.<br \/>\nL\u2019eau charri\u00e9e, qui est appauvrie en oxyg\u00e8ne, provoque ainsi une hypoxie temporaire tandis que les excr\u00e9ments encore en d\u00e9composition continuent \u00e0 consommer l&rsquo;oxyg\u00e8ne restant, entra\u00eenant ainsi l\u2019\u00e9touffement des poissons. Christopher Dutton et Amanda Subalusky, les chercheurs \u00e0 l\u2019origine de cette \u00e9tude, ont eu recours \u00e0 un bateau t\u00e9l\u00e9guid\u00e9 bard\u00e9 de capteurs afin de rester hors de port\u00e9e de ces animaux \u00e0 l\u2019agressivit\u00e9 l\u00e9gendaire.<em> \u00ab\u00a0Vous pouvez placer un filet dans l\u2019eau et en quelques secondes, il sera recouvert d&rsquo;excr\u00e9ments d&rsquo;hippopotames. Il y en a partout: sur les rochers et au fond de la rivi\u00e8re\u00a0\u00bb<\/em>, raconte Christopher Dutton dans les colonnes du magazine <em>The Atlantic<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Un processus naturel<\/strong><\/p>\n<p>Les scientifiques avaient d\u2019abord mis\u00e9 sur les pesticides pulv\u00e9ris\u00e9s sur les champs, en amont de la rivi\u00e8re Mara. Il s\u2019agit d\u2019un processus plus \u00ab\u00a0naturel\u00a0\u00bb puisque, comme le note l\u2019\u00e9quipe, ce processus permet de nettoyer la rivi\u00e8re et constitue, dans le m\u00eame temps, une source de nourriture pour les autres animaux qui vivent en aval.<br \/>\nN\u00e9anmoins, <em>\u00ab\u00a0les r\u00e9sultats des \u00e9tudes sont r\u00e9v\u00e9lateurs des probl\u00e8mes \u00e9mergents dans toute l\u2019Afrique, surtout que le r\u00e9chauffement climatique rallonge les p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse\u00a0\u00bb<\/em>, explique Keena Stears, zoologiste et expert en communication animale, \u00e0 <em>The Atlantic<\/em>. <em>\u00ab\u00a0Il est indispensable que l&rsquo;on arrive \u00e0 maintenir le d\u00e9bit des rivi\u00e8res pendant la saison s\u00e8che\u00a0\u00bb<\/em>, s\u2019alarme quant \u00e0 lui Frank Messe, chercheur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 d&rsquo;Eldoret au Kenya. Il semblerait que le vrai coupable soit finalement le r\u00e9chauffement climatique.<\/p>\n<h5 style=\"text-align: right;\"><em>Maxime Lambert<\/em><\/h5>\n<div id=\"ConnectiveDocSignExtentionInstalled\" data-extension-version=\"1.0.4\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des chercheurs sont parvenus \u00e0 \u00e9tablir pourquoi les poissons de la rivi\u00e8re Mara, en Tanzanie, mourraient en masse lors de la saison s\u00e8che. En cause, les hippopotames et les quelques 8.000 kilos d\u2019excr\u00e9ments qu\u2019ils d\u00e9versent chaque jour dans le cours d\u2019eau. Les berges du Mara, un cours d\u2019eau qui coule<span class=\"more-link\"><a href=\"https:\/\/icaif.org\/index.php\/2020\/01\/16\/en-tanzanie-les-excrements-des-hippopotames-tuent-les-poissons-de-la-riviere-mara\/\">En savoir +<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1267,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12],"tags":[],"class_list":["entry","author-admin7729","post-1266","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-curiosite"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/icaif.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1266","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/icaif.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/icaif.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/icaif.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/icaif.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1266"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/icaif.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1266\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1268,"href":"https:\/\/icaif.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1266\/revisions\/1268"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/icaif.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1267"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/icaif.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1266"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/icaif.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1266"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/icaif.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1266"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}