{"id":1238,"date":"2019-12-19T18:24:27","date_gmt":"2019-12-19T17:24:27","guid":{"rendered":"http:\/\/icaif.org\/?p=1238"},"modified":"2019-12-19T18:26:45","modified_gmt":"2019-12-19T17:26:45","slug":"un-poisson-qui-vous-veut-du-bien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/icaif.org\/index.php\/2019\/12\/19\/un-poisson-qui-vous-veut-du-bien\/","title":{"rendered":"Un poisson qui vous veut du bien"},"content":{"rendered":"<p><strong>Manipulable \u00e0 l\u2019envi, le poisson-z\u00e8bre offre son corps sans retenue \u00e0 la science et promet des avanc\u00e9es dans tous les domaines de la m\u00e9decine.<\/strong><\/p>\n<p>Il ne fait que 4 cm de long, mais il porte sur ses \u00ab \u00e9paules \u00bb de poisson une grande responsabilit\u00e9 : celle d\u2019aider \u00e0 gu\u00e9rir, peut-\u00eatre un jour, le cancer, le diab\u00e8te et m\u00eame la d\u00e9pendance aux drogues. <em>Danio rerio<\/em>, ou poisson-z\u00e8bre, est devenu au cours des 20 derni\u00e8res ann\u00e9es une star des laboratoires.<\/p>\n<p>Plus de 1 200 \u00e9quipes de recherche du monde entier sont aujourd\u2019hui inscrites \u00e0 la base de donn\u00e9es <em>Zebrafish Information Network<\/em>, contre 190 en 1998. Pourquoi un tel engouement ? C\u2019est simple : facile \u00e0 \u00e9lever et m\u00eame r\u00e9put\u00e9 \u00ab increvable \u00bb, le poisson-z\u00e8bre ne prend pas de place, se reproduit abondamment (la femelle pond 200 \u00e0 300 \u0153ufs par semaine !) et co\u00fbte au final moins de 1 % du prix d\u2019une souris.<\/p>\n<p>S\u2019il a \u00e9t\u00e9 introduit dans le monde de la recherche d\u00e8s 1970, ce poisson d\u2019eau douce originaire d\u2019Inde, habitu\u00e9 des animaleries, a conquis les labos dans les ann\u00e9es 2000, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019essor de la g\u00e9n\u00e9tique. \u00ab On peut r\u00e9aliser un grand nombre de tests sur les \u0153ufs et avoir les r\u00e9sultats 48 heures apr\u00e8s, quand ils \u00e9closent \u00bb, explique Pierre Drapeau, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en neurosciences \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al. Il a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des premiers \u00e0 utiliser des poissons-z\u00e8bres pour l\u2019\u00e9tude du syst\u00e8me nerveux et a, dans sa \u00ab collection \u00bb, pas moins de 70 lign\u00e9es g\u00e9n\u00e9tiques diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p>Ainsi, avant m\u00eame de devenir adulte, le poisson-z\u00e8bre est sous les projecteurs. Les embryons, qui grandissent hors de la m\u00e8re et sont enti\u00e8rement transparents, offrent une possibilit\u00e9 unique d\u2019observer, en direct, toutes les \u00e9tapes du d\u00e9veloppement. Moyennant quelques manipulations g\u00e9n\u00e9tiques, on peut rendre lumineux leurs vaisseaux sanguins ou leurs neurones, colorer certaines de leurs cellules diff\u00e9remment, et suivre l\u2019\u00e9volution du cerveau, duc\u0153ur ou de l\u2019\u0153il.<\/p>\n<p>Et ce n\u2019est pas tout. \u00ab Le poisson-z\u00e8bre a la capacit\u00e9 spectaculaire de r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer ses tissus cardiaques ou m\u00eame sa moelle \u00e9pini\u00e8re \u00bb, explique Ken Poss, sp\u00e9cialiste de la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration des tissus \u00e0 la Duke University, en Caroline duNord. Magique, ce Dario rerio ?<\/p>\n<p>Probablement pas, mais il est assur\u00e9ment tr\u00e8s utile. En 2013, son g\u00e9nome a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9, r\u00e9v\u00e9lant une surprise : 80 % des g\u00e8nes qui causent des maladies chez l\u2019humain ont un \u00e9quivalent chez le poisson-z\u00e8bre. \u00c0 tel point que l\u2019on dispose aujourd\u2019hui de poissons mod\u00e8les pour des pathologies vari\u00e9es, depuis la fente palatine jusqu\u2019au cancer de la peau, en passant par les maladies intestinales, g\u00e9n\u00e9tiques, immunitaires ou m\u00eame neuropsychiatriques.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Pierre Drapeau met \u00e0 profit ses aquariums pour \u00e9tudier la scl\u00e9rose lat\u00e9rale amyotrophique, une maladie neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative. \u00ab En 2017, on a trouv\u00e9 un m\u00e9dicament qui pr\u00e9vient la paralysie chez le poisson, et unessai clinique national chez l\u2019humain est d\u00e9j\u00e0 en cours \u00bb, dit-il. C\u2019est aussi ce que fait Fabrice Berrue, \u00e0 Halifax, sur les 2 400 occupants de l\u2019installation de recherche sur le poisson-z\u00e8bre du Conseil national de recherches du Canada. \u00ab On fait du criblage \u00e0 haut d\u00e9bit sur les \u0153ufs pour \u00e9valuer l\u2019efficacit\u00e9 et la toxicit\u00e9 de produits de sant\u00e9 naturels, notamment pour Sant\u00e9 Canada \u00bb, explique-t-il. La flop\u00e9e d\u2019\u0153ufs pondue par le poisson-z\u00e8bre permet en effet de tester rapidement des centaines de mol\u00e9cules et d\u2019identifier plus vite les traitements prometteurs. On vous le dit, il n\u2019a pas fini de s\u00e9duire les chercheurs.<\/p>\n<h5 style=\"text-align: right;\"><em>Marine Corniou<\/em><\/h5>\n<div id=\"ConnectiveDocSignExtentionInstalled\" data-extension-version=\"1.0.4\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Manipulable \u00e0 l\u2019envi, le poisson-z\u00e8bre offre son corps sans retenue \u00e0 la science et promet des avanc\u00e9es dans tous les domaines de la m\u00e9decine. 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